Côté discrétion : il a tout raté. Romuald Létondot, un coopérant militaire français (et accessoirement lieutenant-colonel) au Togo s’en est pris à un journaliste togolais qui venait de le photographier en marge d’une manifestation. Problème : alors qu’il exigeait que le cliché soit effacé, la scène a été filmée par un autre journaliste. En 24 heures, la vidéo a fait le buzz et a été vue plus de 150.000 fois sur Internet.
Il faut dire que ce militaire a manqué de tact et c’est le moins que l’on puisse dire. Si, à la rigueur, on pourra lui pardonner le tutoiement (chose commune en Afrique et qui n’est pas un manque de respect), les paroles elles, n’ont pas fait honneur à l’uniforme qu’il porte (et malheureusement celui de l’armée française). Le ton était colonialiste et faisait peur. Le militaire, qui n’a pas hésité à menacer de prison le journaliste, lui a aussi demandé s’il voulait qu’on tape sur son appareil. Une scène surréaliste, d’un autre âge.
La vidéo postée sur YouTube, a très vite créé le buzz hier. Pas de chance pour ce militaire, cela est tombé le jour le plus chiant de l’année (comme l’avait décrété Rue89 sur son site Internet). Rue89 qui a d’ailleurs très vite publié la vidéo, reprise par L’Express puis par de très nombreux médias.
Le Ministère de la Défense à Paris a été sollicité par la presse et n’a pas défendu son militaire (pardon, son coopérant). On peut même dire que l’armée était plutôt gênée voire très embarrassée. Le ministère « ne se reconnaît absolument pas ni dans les propos ni dans le comportement de cet officier français. La liberté de la presse est une valeur essentielle », a-t-il rappelé.
Du coup Romuald Létondot a bien été obligé de s’excuser officiellement auprès du journaliste, à l’Ambassade de France.