C’est une première et les responsables de Google sont encore sous le choc. Un tribunal italien vient en effet de condamner trois hauts responsables de Google au motif que le site a hébergé une vidéo humiliant un jeune handicapé et posté par des camarades de ce dernier sur Google Vidéos.
Les trois dirigeants ont écopé de 6 mois de prison avec sursis. Ils se disent aujourd’hui choqué par cette condamnation et expliquent pourquoi. « Nous n’avons ni filmé la scène, ni posté la vidéo sur le site, nous ne connaissons pas les protagonites. Dès que nous avions eu connaissance du caractère illicite de la vidéo, nous l’avions retirée de nos serveurs et avions collaboré avec les autorités », expliquent-ils. Google estime « scandaleux que des salariés d’une plate-forme d’hébergement de vidéos puissent être considérés comme pénalement responsables des contenus mis en ligne par des utilisateurs ».
Les camarades de classe du jeune trisomiques avaient, à l’époque, été exclus de leur établissement, mais la ville de Milan et l’association de défense des trisomiques Vividown, avaient décidé de poursuivre Google. Or la personne morale Google n’a pas été poursuivie, seulement des salariés.
Si les trois cadres feront appel de ce jugement, se pose, avec ce jugement, la question de l’avenir d’Internet tout entier. L’association Reporters sans frontières (RSF) a récemment dénoncé en Italie, un projet de licence officielle que devrait obtenir les sites de partages de vidéos, parlant alors de « véritable censure du net ».
La question est simple, mais d’importance : qui est responsable des contenus : celui qui poste ou celui qui les héberge ? Si l’on condamne systématiquement tout hébergeur pour un contenu illégal, même si ce dernier a pris toutes les mesures pour retirer le contenu en question dès qu’il a eu connaissance de l’infraction, alors c’est Internet dans son ensemble qui est menacé. Il est en effet matériellement impossible de contrôler avant publication toutes les pages web, vidéos, images publiées chaque jour sur le web.
Avec ce jugement, il semble que l’Italie ait décidé de s’attaquer à l’Internet libre et ouvert.
Yoann Robic