Le retour en France de Céline Faye et Sarah Zaknoun, les deux françaises libérées mardi après 18 mois de prison en République Dominicaine, condamnées pour trafic de drogue, ne doit pas faire oublier qu’elles n’ont été « que » grâciées, ce qui signifie qu’elles sont toujours coupables pour la justice dominicaine.
Ce retour, très médiatique (trop sans doute), ne doit pas nous faire oublier non plus que d’autres Français restent emprisonnés dans le monde, après des procès peu équitables. C’est le cas de Michaël Blanc, emprisonné en Indonésie depuis 1999. Dix ans déjà, et condamné à la prison à vie.
N’est-on pas en droit aujourd’hui de se demander ce que fait la France pour tenter d’aider son ressortissant ? Michaël Blanc lui aussi a toujours clamé son innocence. Il n’a pas été pris avec 6 kilos de cocaïne dans ses bagages.
Souvenons-nous : « En 1999, le 27 décembre, Michaël arrive à l’aéroport international de Bali venant d’Inde. Dans ses bagages, en plus de ses effets personnels, il transporte un équipement complet de plongé sous-marine que lui a confié un ami français qu’il avait rencontré à la plage de Goma, en Inde », peut-on lire sur son site de soutien.
« Des douaniers et des membres de la police de l’aéroport l’arrêtent sous l’accusation que les bouteilles d’air comprimé de l’équipement de plongé contiennent une “substance illicite”, en fait, 3800 grammes de haschich.
Les circonstances de l’interpellation en absence de tout témoin indépendant, sans interprétation ou traduction, l’ouverture des bouteilles hors de la présence de l’accusé et le fait qu’il ait plaidé dès ce moment son innocence font que son inculpation apparaisse très irrégulière d’après les normes occidentales. »
Le procès de Michaël eu lieu en novembre 2000. Le procureur demanda la peine capitale mais le Tribunal de Denpasar décida le 16 novembre 2000 de le condamner à la détention à perpétuité. Il avait 27 ans à ce moment. Depuis, il n’avait bénéficié d’aucune grâce et d’aucune remise partielle de peine… jusqu’en mars 2009, date à laquelle, pour bonne conduite, sa peine a été « réduite » à 20 ans !
Il crie toujours son innocence.
Yoann Robic